Des vaisseaux battus par la tempête.

affiche-A6Expérimentation artistique collective lors du Café 420 #3 – Les artistes font-ils les poubelles ?
Une proposition de Johanna Rocard et Isabelle Henrion
du 10 au 12 mars 2017

avec Faustine Beuve, Grégory Delauré, Catherine Duverger, Elise Guihard, Corentine Le Pivert & Nicolas Gérot, Nyima Leray, Lise Lerichomme, Sarah Lück, David Renault, Johanna Rocard, Natalia Taravkova, Victor Vialles.

 

L’oeuvre serait-elle un état, une phase parmi d’autres, de la vie des matériaux?
Portées par cette réflexion, nous avons collaboré avec des artistes qui souhaitaient se défaire d’une de leurs pièces pour des raisons diverses telles que le manque d’espace, un état de délabrement avancé ou encore un sentiment de désamour pour un travail passé.
Pour  Des vaisseaux battus par la tempête , des artistes ont été invité à démanteler une de leurs oeuvres dans l’idée de les ramener à un ensemble de matériaux réutilisables. Démontage, effacement, repentir, découpe, chacun opère la stratégie qui convient le mieux à sa démarche. Geste plus ou moins long selon les pratiques, cette tentative de retour à un état initial garde les traces fantomatiques d’une autorité qui cherche à se faire oublier.
Tous les éléments sont réinjectés, sans distinction, dans le stock de matériaux de la ressourcerie, ouverte sur les trois jours du Café 420.
Quelle est la valeur de ce nouvel état ? Traversé par le temps d’existence de l’œuvre, le résidu devient-il relique ou au contraire n’est-il qu’un matériau de basse qualité parce que de seconde main ?
Exposition sans œuvre, espace de projection et d’assemblage mental, Des vaisseaux battus par la tempête  est une invitation faite aux spectateurs à déplacer le regard porté sur l’oeuvre et les matériaux, à faire émerger une attention étirée sur l’objet et son potentiel, faisant de ce jeu de l’esprit un des premiers mouvements de l’expérience esthétique.

Tout est dans un repos relatif en un vaisseau battu par la tempête. (…) J’arrête mes yeux sur l’amas général des corps ; je vois tout en action et en réaction ; tout se détruisant sous une forme ; tout se recomposant sous une autre forme; des sublimations, des dissolutions, des combinaisons de toutes espèces. (…) Rien n’est en un repos absolu, pas même les molécules agrégatives, ni du vaisseau ni des corps qu’il renferme. 
Denis Diderot, Principe philosophique sur la matière et le mouvement, 1770

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