« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface. » Victor Hugo

«L’art et la manière»
Si l’art aujourd’hui se fait parfois immatériel, reste que la création d’oeuvres est encore intimement liée à l’idée de la manière, défini comme la forme particulière que revêt un processus, une action ou un état.
Plus qu’une simple figure de style, l’imbrication de ces deux notions est évocatrice d’une réalité certaine. Souvent la pratique artistique réside dans le fait de trouver la matérialité qui rendra le mieux compte de l’idée. Plus que la seule maniera (technique) traditionnellement associé au peintre, l’activité artistique en ce qu’elle est une activité du Faire appelle tout un système de production.

Par définition la production est l’ensemble des activités qui permettent à l’homme de créer. Dans le champ de l’art, sa mise en oeuvre, au sens propre du terme, appelle des stratégies aussi diverses que peuvent l’être les productions artistiques contemporaines.
Chaque artiste trouvera alors la manière qui convient le mieux à sa pratique, cela en frottement avec les réalités dans lesquelles il exerce son activité. Cette imbrication de la création avec la production, si elle peut être fertile, contraint parfois l’artiste à modifier sa pratique ou à en redéfinir les modalités entre autres économiques et formelles.

Dans le contexte actuel, nombreux sont les acteurs du secteur artistique qui remettent en question les circuits de production traditionnels et s’appliquent à trouver des alternatives innovantes. Mutualisation des moyens, réemploi, micro-mécénat sont devenus des éléments familiers de ces nouvelles stratégies. Dans un contexte économique complexe, acteurs privés et publics de différents secteurs prennent enfin le temps de se mettre autour de la table pour développer et pérenniser ces nouvelles manières de faire, cela de façon collective et éco-responsable. Ce dernier point, qui jusqu’ici était l’apanage de la protection de l’environnement, devient, à juste titre, l’affaire de tous.
Ainsi la manière de faire en art se doit de se poser la question de l’éco-responsabilité, qu’elle soit individuelle (création) ou collective (diffusion).