Les artistes sont-ils au four et au moulin?

 

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Plus qu’une réponse, nous pensons aujourd’hui le CAFÉ 420 comme une invitation à constituer un collectif éphémère autour des questions relatives aux conditions d’existence de la création contemporaine. Plus que des réponses, ce sont des questions qui émergent, racontant la complexité d’une situation où un mot, artiste, englobe des pratiques artistiques diverses, des réalités singulières et des choix personnels.

À quoi travaillons-nous ? D’ailleurs, travaillons-nous ? Si oui, sommes-nous des travailleurs comme les autres ? À quoi voulons-nous participer ? Voulons-nous participer à quelque chose ? Devons-nous participer à quelque chose ? Comment articulons-nous nos pratiques avec nos vies ? Sont-elles articulées ou se confondent-elles ? Quel est notre statut ? Voulons-nous un statut ? Voulons-nous vivre de notre art ? Devons-nous vivre de notre art ? Comment pouvons-nous vivre de notre art ? Quelles sont nos luttes ? Avons-nous des luttes ? Avons-nous envie de lutter ? Devons-nous lutter ? Si oui, où sont nos luttes ? Devons-nous faire société ? Voulons-nous être collectif? Quels récits voulons-nous écrire ? Que voulons-nous raconter ? Il y a-t-il quelque chose à raconter ?

Nous ne cherchons pas à répondre à ces questions, nous ne souhaitons pas être le porte-parole d’un discours qui serait univoque et incomplet. Les réponses, s’il doit y en avoir, émergeront, nous l’espérons, d’une réflexion collective, tenue sur la durée. Mais si nous devons donner une réponse aujourd’hui aux raisons du CAFÉ 420, nous répondrons que nous sommes portés par l’envie de faire en sorte que créer soit possible, sans épuisement constant, sans ultra-précarité, sans labyrinthe administratif. Nous espérons un projet de société où l’art a une place assez importante pour que les artistes puissent en vivre s’ils le souhaitent, sans sacrifier leur démarche à des logiques de marché, qu’elles soient publiques ou privées.

Pour cela, nous croyons, à tort ou à raison, qu’il est nécessaire d’interroger les réalités de travail des artistes, d’en comprendre les spécificités, de mettre en lumière les richesses et les difficultés afin de proposer les outils les plus justes pour faciliter les conditions d’existences de la création. Nous croyons aussi à l’importance de porter cette réflexion hors du seul milieu interprofessionnel et inviter le public à appréhender les réalités de la création et à participer à l’élaboration de solutions nouvelles et alternatives. Nous espérons pouvoir répondre à ces envies tout en nous attachant à faire que l’art soit toujours magnifiquement inutile et que cette inutilité fasse partie intégrante d’un projet de société.

La Collective.