Le temps de l’individuation sociale – Benjamin Fernandez

A LIRE / Dans cet article très dense et bien documenté, Benjamin Fernandez décrit comment le concept révolutionnaire de la « déconstruction du sujet comme support imaginaire des grand récits historiques et transcendances collectives » (vécus comme une aliénation de l’individu) a mené au postmodernisme dans lequel le sujet jouit d’une certaine liberté, mais est désormais « liquide et nomade », « atome libre dans un espace-temps réticulaire sans centre ni périphérie », régi par « l’éphémère, la mode, le spectaculaire et la célébration du présent (…) immédiat et synchronisé » qui le place en « compétition perpétuelle et en recherche de la satisfaction de tous ses désirs », légitimant ainsi l’économie libérale plutôt qu’une émancipation du sujet. Fernandez analyse ensuite comment passer d’une « individualisation utilitariste » à une « individuation sociale », c’est-à-dire une « organisation sociale autour du don, de la participation, de la reconnaissance et du partage, qui permet à l’individu de se co-individuer avec les autres plutôt que contre les autres ».  Ce processus passe par une « subjectivation », un « processus narratif qui requiert l’autre, le pluriel, le diachronique, (…) un effort pour dire « je » dans un nous », et par de nouvelles temporalités, respectivement intempestive et ralentie. « Qu’y a-t-il de plus précieux à offrir que du temps quand celui-ci vient à manquer? Offrir du temps et, par là même, rendre au temps sa puissance d’indétermination, peut-être l’acte fondateur de libération qui permet l’individuation psychique et collective. »

Article complet disponible ici :

http://www.cairn.info/revue-du-mauss-2011-2-page-339.htm

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